Et le mal, tu le ressens, toi? L'abandon, les entrailles qui se déchirent. Le voir, ne plus pouvoir lui parler, lui sourire. Ne plus voir ses yeux briller, et sentir les tiens faire pareil. On te l'a volé avant que tu aies pu te rendre compte que c'est celui qu'il te fallait. Cette fois-ci, tu souffres. Beaucoup. Même trop. Tu pleures, tu joues le rôle de toutes ces pauvres filles, anéanties. Le pire, ce n'est pas cette place qu'elle t'a piquée, c'est l'amertume envers toi-même, la colère. T'en vouloir à ne plus pouvoir. Parce que tu aurais pu. Aussi parce que tu réagis trop tard. Parce que tu es trop compliquée, trop difficile. Trop conne, aussi. Beaucoup trop conne. Tu crois qu'il a pas souffert, lui? Et maintenant qu'il est heureux, toi tu souffres. Toi t'en chies, tu t'traînes, tu t'oublies et tu disparais. Tu ne vis plus qu'à travers cette douleur qui te ronge, jusqu'à l'os. C'est mérité, j'voudrais juste m'en persuader. Tu l'as bien mérité, le méchant de l'histoire finit par souffrir, lui aussi. C'était toi, mon réfugié. Mes sourires, et ma gaité. Elle m'a tout volé. J'ai plus qu'un sourire voilé à ressortir à la société. Faire semblant d'aller, d'avancer. Et puis s'enfoncer, discrètement. Se consumer, s'étouffer. Suffoquer. J'ai mal de ne pas avoir su te rendre heureux. J'ai mal du mal qu'on s'est fait, pendant si longtemps, alors que le contraire aurait été si simple. J'ai mal de m'être laissée oublier, de t'avoir laissé passer à autre chose, pendant que moi, je replonge. Mais cet amour est différent, maintenant. Il me ronge. Je pense à toi différemment, tu ne m'évoques plus la joie, les sourires, le bonheur. Juste cette amertume, cette douleur. Je pourrais en écrire, des lignes sur ces sentiments. Je crois que c'est juste impossible de retranscrire. De comprendre, même si moi, je commence. Alors j'espère. J'imagine. Je me dis qu'on a déjà traversé beaucoup, que du temps s'est écoulé. Et qu'on est toujours là, qu'il est toujours là, en moi. Alors peut-être qu'il attendra. Que tu dois partir pour que l'on comprenne qu'il faut que tu reviennes. Que tu me reviennes. En tout cas, j'espère. Je t'attends. Enfin, je crois.. Ne m'oublies pas. Parce que moi je ne pourrai pas, alors m'oublie pas. Parce que c'est toi..